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Celui qui parvient à la Présidence d’Haiti s’inquiète de l’instant où il ne signera plus et ne sera plus sous les feux des projecteurs ! Par Conséquent, il s’emploie à trafiquer la vie politique et à polluer son mandat pour se prémunir des poursuites et persécutions qu’il est susceptible de vivre après la perte du pouvoir

Par Amary Joseph Noel:Les élections mal organisées, commanditées de l’extérieur, véritables sagas de prédateurs ont été jusqu’à nos jours à la base du climat d’ « anti paix » qui sévit en Haiti. Elles sont les causes occultes de la présence de 38 armées sur la terre des preux de 1804.

La mainmise des trois pouvoirs sur le processus électoral conformément au prescrit de l’article 192 des Amendements ouvre la voie à toutes sortes d’aventures.

Publié le jeudi 7 mars 2013

Un CEP permanent totalement Indépendant :

Ciment de paix et Garant de Souveraineté pour Haïti.

Par Amary Joseph Noël

L’histoire d’Haïti, ces 27 dernières années, est tissée de luttes intestines, de rixes fratricides pour le pouvoir, de renversements de chefs d’état, d’immixtions intempestives de l’internationale dans les affaires nationales et d’occupations étrangères.

De l’analyse générale de la réalité haïtienne depuis son indépendance en 1804, il ressort que les facteurs qui commanditent la sape de la souveraineté du pays sont plus internes qu’externes. Fils d’anciens esclaves, nous ne sommes pas encore sortis des Plantations ! Les chaines qui, autrefois tenaillaient notre chair et nous empêchaient de fuir ont été transférées à nos cerveaux.

Joseph St Rémy dans sa description de la société saint Domingoise n’avait-il pas décrit la classe des esclaves par la « haine réciproque »(1) que ses membres entretenaient entre eux. Nous devons apprendre à nous aimer, à chérir Haiti et à être solidaires. Fils et filles d’Haiti, nous nous comportons comme si nous étions de passage dans notre propre pays !

Au XXIème siècle, comme dans l’enfer colonial, chaque Haïtien pense à sa « petite personne. » Son ego et son « moi composite »(2) constituent le substrat permanent qui détruit le pays entier et pousse les décideurs (des chefs d’état aux simples commis) à ne voir le pays qu’à travers le prisme déformant des intérêts mesquins de leur famille, de leur clan, de leur clique ou de leur chapelle politique. Népotisme, cooptation et clientélisme deviennent des impératifs incontournables pour tout national parvenu au timon des affaires de l’État !

Celui qui parvient à la Présidence d’Haiti s’inquiète de l’instant où il ne signera plus et ne sera plus sous les feux des projecteurs ! Par Conséquent, il s’emploie à trafiquer la vie politique et à polluer son mandat pour se prémunir des poursuites et persécutions qu’il est susceptible de vivre après la perte du pouvoir. Par réflexe de conservation, il est près à sacrifier des articles de la loi suprême pour se forger un bouclier « post mortem ». De là viennent les pratiques déjà historiques de « poulain du chef », de « mascarade électorale » ou « d’élections frauduleuses ». Il faut renverser l’ordre des choses et garantir aux Chefs d’État qui ne violent pas la Constitution en vigueur et les droits de l’homme, l’assurance d’une vie tranquille dans le pays après leur départ du Palais national.

Nous croyons le moment venu de tirer la sonnette d’alarme et faire comprendre à tous que le « business » ainsi conçu et géré n’est pas rentable pour le pays et qu’il sied d’y mettre un frein si nous ne voulons pas perdre toute autorité sur ce joyau qui nous a été légué par nos ancêtres aux prix de tant de sacrifices. Le jeu vaut la chandelle puisqu’il s’agit de sauvegarder l’indépendance d’Haïti. Nous invitons nos compatriotes à envisager l’éventualité de missions étrangères à la tète des institutions régaliennes de l’État haïtien à la faveur de nos divisions et discordes.

Les élections mal organisées, commanditées de l’extérieur, véritables sagas de prédateurs ont été jusqu’à nos jours à la base du climat d’ « anti paix » qui sévit en Haiti. Elles sont les causes occultes de la présence de 38 armées sur la terre des preux de 1804. C’est la pérennité des pratiques de « chire pit » entre nous qui permet aux membres de la MINUSTAH d’engranger des milliards de dollars pour nous avilir(3) et courir les rues de nos villes, armes au clair. Nous avons tout bonnement remplacé l’armée nationale par une flopée de militaires étrangers. Haïti ne recouvrera pas la paix sans une armée professionnelle nationale ! Maitre Gérard Gourgue n’avait-t-il pas déclaré « qu’il n’y a pas d’armées innocentes et que si on devait avoir des armées innocentes, on leur aurait donné le goupillon et l’eau bénite et non des armes. » Pour nous, on devrait juger ceux qui avaient sali leur costume et laisser l’institution en vie. La non existence d’une armée régulière est l’une des causes profondes du « calvaire » des familles haïtiennes résidant dans le pays. L’absence de sécurité contraint nombres de professionnels haïtiens à s’expatrier. Contre toute attente, Haïti contribue au développement de certaines contrées surdéveloppées du globe. Des médecins, des ingénieurs et autres professionnels formés en Haïti abandonnent Haïti à la suite de violences extrêmes subies par des membres de leur famille.

C’est dans ce contexte qu’il faille indexer le coup anticonstitutionnel que sont les amendements truqués votés à la bougie, la veille du départ de l’ancien Président. Il fallait substituer au corset démocratique des collectivités territoriales le margouillis des pouvoirs traditionnels qui, loin de respecter le vœu de Montesquieu - le pouvoir arrête le pouvoir -, inventent des plages d’entente pour contourner le poids du nombre et choisir au jugé les membres des CEP à venir. En l’absence d’un CEP Permanent, Haiti peut dire « adieu à la Paix et à la Souveraineté » L’article l92 des amendements à la Constitution de 1987 est un véritable coup porté à la Démocratie en Haïti !

Vu sous cet angle, le Conseil Électoral Permanent(CEP) est d’une importance princière si l’on veut assurer à Haïti un avenir serein. C’est, en d’autres termes, l’institution la plus importante pour la vie et l’entente entre les haïtiens. Ses membres doivent être au dessus de tout soupçon ! Comme nous l’avons écrit dans l’ouvrage « Conseils au Nouveau Chef d’État d’Haïti », page 24, publié peu de jours après le 14 mai 2011 :

« La non création du Conseil Électoral Permanent(CEP) favorise l’immixtion des étrangers dans les affaires internes d’Haïti. Son inexistence ouvre la voie aux fraudes, malversations et violences ! Son déficit d’indépendance est comme une plaie béante d’où fluent toutes les velléités de redressement national. En clair, l’Exécutif haïtien ne devrait jouir d’aucun droit de s’approcher des membres du CEP, de leur office, de leur parler, voire de leur donner des ordres. Pour que le CEP puisse réaliser les espérances de sa mission sacrosainte, il doit être coiffé non pas d’une autonomie relative et de façade, mais d’indépendance totale et véritable. C’est à cette abnégation que convions le nouveau Président d’Haïti »(4)

Nous n’avons pas besoin de force provisions d’audace pour inviter les tenants du pouvoir de l’Haïti actuelle à doter la patrie d’un « CEP Permanent Totalement Indépendant. » Dans cette perspective, les amendements décriés par certains membres du Parlement, de la basoche haïtienne et de la collectivité nationale, participent de ces lois « scélérates » qui menacent la vie d’une collectivité au lieu de l’organiser. Un CEP façonné sur mesure risque d’hypothéquer toutes les chances de recouvrement de la souveraineté chez nous. Pour éloigner les dangers qui nous guettent, il faut dénoncer les amendements à la Constitution de 1987 endossés après mûres hésitations par le nouvel Exécutif haïtien et revenir aux dispositions de la Constitution de 1987 pour les questions électorales.

Les USA ont, par la voix de l’Ambassadeur Pamela White promis « 15.000.000 de dollars pour les prochaines élections, si le processus est crédible ». De grands sacrifices s’imposent pour honorer ce pré-requis et éloigner le pays du chaos. La mainmise des trois pouvoirs sur le processus électoral conformément au prescrit de l’article 192 des Amendements ouvre la voie à toutes sortes d’aventures.

En définitive, si rien n’est fait pour réorienter le processus électoral en cours, Haïti est bien partie pour des déchirements internes. Et, la MINUSTAH pourra s’adjuger plus d’un quart de siècle additionnel de pouvoir militaire dans le pays.

Amary Joseph Noel, Coordonnateur Général

de la Confédération des Haitiens pour la Réconciliation (CHAR)

E-mail : profamaryjosephnoel@hotmail.com

Le 25 février 2013, à Port-au-Prince, Haïti

Notes :

(1) SAINT REMY, Joseph dans « Pétion et Haïti », passim

(2) La Famille, les proches, les amis et l’entourage politique.

.(3) En évoquant l’immunité de ses membres présents en Haïti pour ne pas dédommager les victimes du choléra, l’ONU a tacitement reconnu les crimes commis par ses membres en Haïti.

(4) CONSEILS AU NOUVEAU CHEF D’ÉTAT D’HAÏTI, Imprimerie Media-Texte, juin 2011, 94 pages.

« Ce pays si décrié fera des merveilles un jour »

Monseigneur Louis kébreau ,

Invité du jour de Radio Vision 2000, le 15 février 2013.

Un Conseil Permanent Indépendant, garant de paix et de souverainete.doc
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