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Haïti-Economie

Martelly et les Clinton voient un « nouveau départ » pour Haïti, à Caracol

S’exprimant devant un parterre d’invités de marque à l’occasion de l’inauguration très médiatisé d’un parc industriel pourtant controversé, le chef de l’Etat, la Secrétaire d’Etat américaine et l’ancien patron de la Maison Blanche (Hillary et Bill Clinton) ont mis l’accent sur le potentiel de 65.000 emplois de ce site et décelé les prémices du "rêve haïtien" au bout d’une journée également marquée par l’ouverture officielle de l’aéroport du Cap-Haïtien au trafic aérien international

Publié le lundi 22 octobre 2012

Le Président Michel Martelly a promis lundi l’amélioration des conditions économiques des populations du grand nord, lors de l’inauguration du parc industriel de Caracol (nord-est) qui s’est déroulée en présence d’une noria de personnalités dont la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et son époux, l’ex-Président Bill Clinton, qui ont évoqué la naissance d’un « rêve haïtien » inspiré du mythique « rêve américain ».

Très enthousiaste, le chef de l’Etat haïtien a qualifié la journée d’historique et martelé à l’attention des habitants des départements du nord-est, du nord et du nord-ouest que « les choses vont changer », au cours des mois à venir, en affirmant que lorsque le parc industriel fonctionnera à plein régime il pourra générer jusqu’à 65.000 emplois.

Multipliant les propos laudatifs pour cette initiative, fruit d’un partenariat de plusieurs années avec les Etats-Unis et la Banque interaméricaine de développement, Martelly l’a qualifié de « modèle de développement intégré » qui, à son avis, symbolise la « nouvelle Haïti qui bouge ». Devant son prédécesseur René Préval, il n’a pas non plus manqué de saluer « la vision et le leadership » de l’ancien Président, l’initiateur du projet à qui il a réservé une chaleureuse accolade.

Enfin, le chef de l’Etat a souhaité que la paix aide à préserver la stabilité du pays et rende possibles des investissements étrangers en tendant le rameau d’olivier à l’opposition au moment où son régime fait face à une contestation politique qui se durcit sur fond d’un grand malaise social engendré par l’inflation, la nette dégradation des conditions de vie de la population et des accusations répétées de corruption.

"Aux Etats-Unis, nous sommes fiers des promesses du rêve américain, et nous avons vu beaucoup d’haïtiano-américains réaliser ce rêve américain », a, pour sa part, relevé Hillary Clinton avant d’ajouter « les haïtiens ici en Haïti ont le même dynamisme et ce que nous souhaitons faire, c’est créer ce rêve haïtien". La chef de la diplomatie américaine s’est exprimée sous les applaudissements nourris d’une assistance de plusieurs centaines de personnes peu avant de boucler, en compagnie de son mari, une visite-éclair d’environ quatre heures entamée au Cap-Haïtien (nord). L’avion officiel américain transportant le couple a été le premier à se poser sur le tarmac de l’aéroport de la deuxième ville du pays désormais ouvert au trafic aérien international suite à des travaux d’agrandissement et d’aménagement accomplis grâce à une coopération tripartite impliquant le Venezuela et Cuba.

Présentée par les autorités haïtiennes comme un grand événement capable de dynamiser l’économie locale et de conduire au développement d’une région située à la frontière avec la République Dominicaine, l’inauguration de cette installation industrielle -qui suscite aussi des critiques face notamment aux risques de dégradation de l’environnement- s’est déroulée en présence du Premier ministre Laurent Lamothe, du président de la BID, Luis Alberto Moreno, de l’ex-ambassadeur américain à Port-au-Prince, Kenneth Merten, des Sénateurs et Députés du nord-est et de leur collègue américain Patrick Leahy, Sénateur démocrate du Vermont.

On notait également la présence des acteurs américains Sean Penn et Ben Stiller ou encore de l’homme d’affaires britannique Richard Branson.

D’une superficie de 252 hectares, le parc de Caracol a nécessité un investissement de 224 millions de dollars fourni par la partie haïtienne, mais surtout par les partenaires internationaux. spp/Radio Kiskeya