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Haïti-Editorial

Nou mele ! Autant que Martelly, le « Blan » ne trouverait aucune justification à la contestation sociale et politique

Pour parodier la célèbre musique « zouk » : leve kanpe-mobilizasyon sanble se sèl medikaman nou ni !

Publié le lundi 8 octobre 2012

L’on est en droit de s’étonner d’entendre la MINUSTHA proclamer que tout est pour le mieux et que, de ce fait, elle projette de réduire son effectif militaire et policier, de prendre des dispositions en vue d’encadrer la police nationale et de se transformer éventuellement et beaucoup plus en structure politique.

Nous disons bien qu’on s’étonne de telles affirmations, Mais, pour autant, il n’est pas question pour nous de nous plaindre de ce que la mission onusienne veuille, apparemment, réduire sa dimension et changer de vocation. Cependant, avant d’autres observations, on doit se souvenir que le président Préval avait souhaité que la MINUSTAH se transforme en mission de développement. La réponse était négative, pour ne pas dire méprisante. C’est dire que la mission, en choisissant aujourd’hui, elle-même et unilatéralement, de modifier ses objectifs, agit, avec conscience, comme une force d’occupation. Rien ne prouve en effet que les autorités haïtiennes actuelles lui aient demandé, à cet instant précis, de faire ce qu’elle a annoncé la semaine dernière en termes d’agenda.

Nan menm sans ak MINISTA, gen anbasadè kèk gwo peyi kap mache fè kwè bagay yo ap mache. Dapre yo, Ayiti soti lwen apre tranbleman tè a, se tan n pou n tan n rezilta yo. Epi, yo di tou, pa manyen manda 5kan, wa boule ! Kòm kwa, se lanbi pouvwa yon pati nan pèp la ak politisyen genyen lè yap plede pran beton an (Kote ki gen beton…). Mòd pawòl tyans ki ka sèvi angrè pou jèmen plis move entansyon nan zo bwa tèt otorite malonèt ki pa danse kole ak demokrasi…

Ce qui devrait le plus retenir l’attention c’est que, au moment où la MINUSTAH affirme que les choses évoluent positivement, tous les clignotants sont au rouge.

De deux choses l’une, alors : ou bien la mission est aussi aveugle et incompétente que nombre d’autorités haïtiennes en ne trouvant réellement aucune justification au mécontentement social et politique actuel ; ou bien, comme le ferait un certain secrétaire d’Etat, elle tenterait délibérément de nous induire en erreur en nous faisant avaler des couleuvres en prétendant ce qui suit :

- La corruption n’existe nulle part : les arrêtés portant création des commissions dirigées respectivement par l’épouse et le fils du chef de l’Etat ont été inventés par deux avocats « pauvres » inquiets de l’avenir politique du jeune Olivier Martelly dont l’étoile pourrait briller dans 10 ans.

- La gouvernance est excellente ; toutes les opérations financières s’effectuent selon les normes ; la Commission nationale de passation des marchés publics les vérifie toutes ; l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), l’Inspection générale des finances (IGF), l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (dont le mandat du directeur est menacé) et la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), jouent à plein leur partition.

- Le processus électoral n’est pas compromis à l’avance par la création d’un Conseil Electoral Présidentiel (CEP) de six membres.

- La crise économique est factice : la hausse des prix des produits de première nécessité n’est que pure rumeur inventée par des parlementaires, des politiciens et des journalistes haineux et jaloux. Il en est de même du taux élevé de chômage.

- L’école gratuite, Ti Manman cheri, katye pam poze-depoze-aliye,’ kat woz, tout bagay ap mache.

- Les enseignants ne se plaignent plus de mauvais traitements et ont résolu de ne plus compromettre l’année scolaire par des arrêts de travail intempestifs injustifiés.

- Le choléra-MINUSTAH (pour reprendre le slogan à succès de la Fondation Eric Jean-Baptiste) a cessé de semer le deuil dans les familles.

Voilà, de façon résumée, la propagande sous-jacente aux affirmations relatives à la bonne marche des choses. Voilà ce qu’il faudrait croire quand, faisant de la basse propagande sans l’assumer, des gens du pouvoir et de la communauté internationale osent lancer à notre face, comme un jet de crachat, que tout va pour le mieux. Mais, on sait qu’il n’en est rien et que la situation est bien différente de celle qu’ils nous décrivent.

Alors en conclusion, et de la manière la plus limpide et la plus simple qui soit, disons :

Si otorite bò isit ak otorite etranje pran tout bon vre pou yo pa rekonèt gen pwoblèm, bagay yo tèt anba. Se atò nou mele. Sa vle di, alòske yo swadizan ap travay pou tabli estabilite, pou fè devlopman, atire bizismann ak touris, yo pap met tèt yo ansanm pou chache bon solisyon pou pèp kap revandike a. Nan ka sa a, yo pa sòti pou ofri sosyete a lòt pèspektiv pase leve kanpe mobilizasyon « se sèl medikaman nou ni ».

Men, ki leve kanpe ? Aktè politik yo dwe konnen gen fim popilasyon an wè deja ; gen fim kote li deja jwe wòl bouki oswa wòl bourik la. Gen nesesite pou jwèt la jwe yon lòt jan pou peyi a pa twouvel ankò, chak sezon, nan dechoukaj oswa nan rache manyòk, nan van tanpèt oswa GNB.

Marvel Dandin