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La manif anti-Martelly aux Cayes n’aurait pas fait recette, selon Guyler Delva, le Sénateur Moïse Jean-Charles dément

Accusé d’avoir distribué de la nourriture afin de démobiliser les protestataires vendredi dans la troisième ville du pays, le secrétaire d’Etat à la communication annonce une rencontre entre une délégation de cayens et le chef de l’Etat, un homme qui, pour le parlementaire du nord, est « politiquement mort »

Publié le samedi 6 octobre 2012

Le secrétaire d’Etat à la communication, Guyler Delva, a qualifié samedi d’échec la manifestation antigouvernementale organisée vendredi aux Cayes (environ 200 km au sud de Port-au-Prince), prenant ainsi le contre-pied des déclarations du Sénateur Moïse Jean-Charles, un des chefs de file de l’opposition parlementaire, et d’observateurs indépendants.

Interrogé par Radio Kiskeya depuis la troisième ville du pays, M. Delva, qui précise être intervenu auprès des partisans du pouvoir pour éviter des dérapages, soutient que la population locale n’entend point supporter les protestations anti-Martelly parce qu’elle commence à réaliser que le chef de l’Etat travaille dans le sens de ses intérêts. Une délégation de représentants du département du sud doit arriver incessamment à Port-au-Prince en vue d’exposer au Président Michel Martelly les revendications des habitants des Cayes qui seront suivies de mesures appropriées, a indiqué à ce sujet le secrétaire d’Etat.

Il en a profité pour pointer du doigt Moïse Jean-Charles et l’ex-Sénateur Paul Denis comme les meneurs de la mobilisation de vendredi. Cependant, l’ancien dirigeant de l’OPL, qui se trouvait déjà à la capitale au cours de la matinée, dément catégoriquement cette allégation du journaliste devenu le « pompier de service » du régime.

De son côté, le bouillant parlementaire du nord, présent sur tous les fronts de la contestation grandissante qui met de plus en plus en difficulté Michel Martelly, a estimé que celui-ci était désormais « un homme politiquement mort ». Moïse Jean-Charles s’est félicité du succès de la manif organisée avec la participation du secteur syndical à l’occasion des journées mondiales des enseignants (5 octobre) et du travail décent (7 octobre). Le seul problème qu’il a relevé est un certain retard dû à la présence de Guyler Delva qui, dit-il, distribuait de la nourriture à l’endroit même où devait être donné le coup d’envoi du mouvement de protestation.

De l’avis du Sénateur, cette journée symbolise un « divorce » entre le département du sud et le Président Martelly qui y comptait de nombreux partisans ayant contribué à son avènement au pouvoir. Aussi, demande-t-il à la population de cette région et des autres départements de poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que le dirigeant haïtien soit contraint à partir.

Selon divers représentants de la presse, plusieurs centaines de personnes étaient descendues vendredi dans les rues des Cayes en vue de réclamer l’amélioration de la condition enseignante, protester contre la vie chère et appeler à la démission l’ex-chanteur Michel Martelly dit « Sweet Micky », au timon des affaires depuis mai 2011. Un affrontement avec des partisans furieux du Président a été évité de justesse grâce à la présence des forces de l’ordre.

Après la vague de contestation enregistrée ces derniers jours dans plusieurs villes du pays dont les habitants n’ont cessé de dénoncer la politique d’exclusion du gouvernement Martelly/Lamothe et son incapacité à soulager les souffrances des plus pauvres, de nouvelles manifestations de l’opposition, incluant le secteur Lavalas, sont prévues le dimanche 14 octobre à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien (nord) le 17 octobre, à l’occasion du 206e anniversaire de l’assassinat, en 1806, de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de la nation. spp/Radio Kiskeya