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Les Sénateurs ignorent une invitation au dialogue du chef de l’Etat

Le premier Sénateur de l’ouest, Steven Benoît, critique la méthode impolie de Michel Martelly qui a, selon lui, fait avorter la retraite initialement prévue ce week-end au club Indigo, et appelle, par ailleurs, son collègue de l’Artibonite, François Anick Joseph, à éviter une demande d’interpellation du Premier ministre Lamothe sans avoir les moyens de lui administrer un vote de censure

Publié le vendredi 5 octobre 2012

Les Sénateurs ont, dans leur grande majorité, boudé vendredi la retraite de deux jours à laquelle le chef de l’Etat les avait invités à prendre part sur la côte des arcadins (nord), où ils devaient engager avec lui des discussions sur les grands dossiers de l’Etat au cœur de l’actualité.

Le représentant de l’ouest, Steven Benoît, qui n’a pas non plus fait le déplacement tout en restant ouvert à un dialogue avec Michel Martelly, juge tout à fait anormal que le Président de la république ait décidé d’envoyer jeudi après-midi une correspondance au président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, pour solliciter la présence des membres du Grand Corps samedi et dimanche au club Indigo.

Sur un autre plan, le Sénateur Benoît exhorte son collègue François Anick Joseph à s’assurer du soutien d’une majorité prête à renvoyer le gouvernement, suite à sa proposition d’interpeller le Premier ministre Laurent Lamothe jugé responsable d’un ensemble de dérives qui caractérisent la gouvernance actuelle au détriment des intérêts supérieurs de la nation.

Le premier secrétaire du bureau du Sénat estime inutile toute interpellation du gouvernement si une majorité d’élus ne sont pas disposés à lui infliger une motion de censure.

Dans cette optique, Steven Benoît revient avec l’idée d’une réduction du quorum dans le but de rendre la Chambre haute, amputée d’un tiers de ses membres, apte à adopter un ensemble de décisions importantes partant du fait que l’assemblée ne compte plus que vingt Sénateurs.

Au bord de l’indignation, le Sénateur François Anick Joseph -élu comme Benoît sous la bannière de la plateforme Alternative -avait exhorté ses pairs à interpeller Laurent Lamothe et son gouvernement à l’issue de deux auditions ayant révélé, cette semaine, des pratiques de pouvoir troublantes qui accréditent la thèse de l’implication des plus hautes autorités dans la corruption, le népotisme et la violation des principes cardinaux de l’Etat de droit démocratique.

La commission justice et sécurité du Sénat a auditionné l’ancien chef du parquet de Port-au-Prince, Me Jean Renel Sénatus, autour de ses récriminations contre les présumées injonctions illégales et politiquement motivées du ministre de la justice, Me Jean Renel Sanon ; puis, Mes Newton Saint-Juste et André Michel, deux avocats à l’origine de graves accusations de détournement de fonds publics à l’encontre de Sophia et Olivier Martelly, l’épouse et le fils du chef de l’Etat. Ceux-ci sont à la tête de deux puissantes commissions présidentielles dénommées respectivement Commission nationale de lutte contre la faim (COLFAM) et Commission d’appui à la coordination des infrastructures de sport et d’accompagnement de la jeunesse haïtienne (CACISAJH). spp/Radio Kiskeya