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Gérald Norgaisse : Nouveau chef du parquet ou prochaine victime expiatoire du système ?

Après le passage express d’Elco Saint-Armand, le substitut a été nommé commissaire du gouvernement a.i en vue de combler le vide laissé par la révocation au parfum de scandale de Jean Renel Sénatus qui continue d’écorner l’image du régime dont le nom du ministre de la justice, Jean Renel Sanon, est associé au narcotrafic et à la pédophilie

Publié le dimanche 30 septembre 2012

Après le chassé-croisé de vendredi ayant donné lieu à toutes sortes de supputations et à une grande confusion sur le départ de Me Elco Saint-Armand, auteur d’un passage-éclair de 24 heures au parquet, c’est finalement Me Gérald Norgaisse qui devient le nouveau commissaire du gouvernement a.i de Port-au-Prince.

Le secrétaire d’Etat à la communication, Guyler Delva, a confirmé la nouvelle après avoir pourtant déclaré lui-même, dans un premier temps, que celui qui devait être le successeur de Me Jean Renel Sénatus avait été démis de ses fonctions et remplacé par Me Jean-Claude Dabrésil.

Finalement, il n’en a rien été.

Norgaisse, qui faisait partie jusque là des substituts assistant le commissaire en chef au parquet, devient, en un peu plus d’un an, le septième titulaire de ce poste considéré comme le plus stressant et incertain en Haïti, sous l’administration Martelly.

M. Delva s’est, par ailleurs, refusé à commenter les graves accusations d’implication présumée dans le narcotrafic et la pédophilie portées par l’ancien chef du parquet contre le ministre de la justice, Me Jean Renel Sanon, peu après l’avoir entendu dire qu’il avait mis fin à ses services pour insubordination et corruption.

Sénatus, qui a clairement suggéré que l’influent membre du gouvernement Martelly/Lamothe fréquenterait les milieux interlopes de la drogue et entretiendrait des relations avec des mineures, a également dénoncé la tentative de Sanon et de son prédécesseur Josué Pierre-Louis, actuel président du Conseil électoral permanent contesté, de lui faire procéder à l’arrestation de près d’une quarantaine de personnes opposées au régime de Michel Martelly.

Sur la liste se trouveraient les noms de Mes Newton Saint-Juste et André Michel, deux jeunes avocats du barreau de Port-au-Prince qui enlèvent le sommeil au chef de l’Etat en soutenant des accusations de corruption répétées contre son épouse Sophia et leur fils Olivier, ordonnateurs de facto en tant que numéros un de deux commissions présidentielles mobilisant d’énormes ressources.

Me Sanon nie toute implication dans un projet de rafle d’opposants, mais n’avait toujours pas réagi samedi à la double suspicion que laisse planer sur lui son ancien subalterne.

Dans l’opinion publique, beaucoup restaient surpris du renvoi brutal de Me Jean Renel Sénatus, l’ex-commissaire « zokiki », qui avait la cote particulièrement auprès des parents en raison de son engagement ferme en matière de rétablissement des bonnes mœurs mises à rude épreuve par la délinquance juvénile.

Ce scandale de trop -qui contraste nettement avec la volonté proclamée du pouvoir de contribuer au renforcement de l’état de droit et de la démocratie- éclabousse l’entourage immédiat du chef de l’Etat déjà confronté à des manifestations antigouvernementales en cascade axées sur la hausse spectaculaire du coût de la vie et la tendance à l’autoritarisme du régime. spp/Radio Kiskeya