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L’ANMH proteste contre l’arrestation des trois journalistes

Appelant les travailleurs de la presse à la vigilance devant toute tentative de retour en arrière, l’Association nationale des médias haïtiens invite le quotidien Le Nouvelliste à porter plainte contre le juge de paix et les policiers ayant molesté les confrères

Publié le vendredi 21 septembre 2012

NOTE DE PRESSE DE L’ASSOCIATION NATIONALE DES MÉDIAS HAITIENS (ANMH)

L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) est sidérée devant l’attitude grossière et anachronique du juge Arnel Dimanche qui s’est arrogé le droit d’empêcher des journalistes de jouir des garanties constitutionnelles en matière de la liberté de la presse.
L’arrestation le 20 septembre 2012, sans aucune justification des journalistes Natacha Bazelais, Jean-Marc Hervé Abellard et Jeanty Junior Augustin du Journal le Nouvelliste relève d’un abus d’autorité caractérisé qui traduit un état d’esprit passéiste qui prétend ramener le pays en arrière. La Constitution de 1987 garantit la liberté de la presse et la liberté d’expression, acquis qui habilitent la presse, les médias, les journalistes à couvrir toute situation pour informer convenablement la nation sur les événements de toute nature.
L’attitude autoritaire du juge Dimanche est d’autant plus gratuite que les confrères couvraient un accident de la circulation, un fait banal pour lequel il n’y avait rien à cacher. Ledit événement n’impliquait aucune situation de confrontation ou d’exercice démesuré de la force brutale, moments pour lesquels, en général, les forces de l’ordre et les autorités auraient préféré se passer de la présence de la presse dont les images, le reportage ou le film peuvent constituer des témoignages gênants.

L’Association Nationale des Médias Haïtiens invite le Journal le Nouvelliste et les confrères victimes à porter plainte contre ce magistrat et les policiers qui ont exercé des brutalités gratuites contre eux. L’ANMH dénonce ces prédateurs de la liberté de la presse qui se sont trompés de conjoncture. L’Association accompagnera comme partie civile le Nouvelliste et les journalistes victimes dans toute démarche pour faire respecter la pleine jouissance de la liberté de la presse, une conquête issue de longues luttes du peuple haïtien.
L’ANMH note la réaction du Ministère de la Communication qui, dans sa relation des faits, n’a pas condamné sans réserve cet acte ignoble et prédateur contre la liberté de la presse. L’ANMH ne veut en aucune façon banaliser cet incident qui fait remonter à l’esprit trop de mauvais souvenirs d’une époque que la presse a combattu pour qu’elle soit révolue.

L’ANMH rejette par ailleurs les prétentions du Commissaire du Gouvernement Jean Renel Sénatus qui tentait de justifier la saisie du matériel de travail des journalistes. La liberté de la presse est un acquis qui n’est pas questionnable et l’ANMH, fort de la Constitution et des conventions internationales sur la pleine jouissance et le libre exercice de la liberté de la presse en temps de paix, fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu’il n’y ait en Haïti, aucune ombre sur les prérogatives de la presse à couvrir sans aucune sorte de pression les faits de l’actualité.

L’Association Nationale des Médias Haïtiens invite l’ensemble de la corporation à bien méditer sur cet incident. Nous devons redoubler de vigilance pour préserver les acquis démocratiques et les espaces de liberté qu’ensemble, nous avons conquis. L’abus d’autorité du juge Arnel Dimanche qui s’est disqualifié pour occuper cette fonction est un mauvais signal, nous devons l’interpréter comme témoignage que la liberté de la presse est une quête permanente que nous devons constamment défendre et préserver contre tous types de prédateurs en mal d’autorité, mais en plein fourvoiement.

Port-au-Prince, le 20 septembre 2012