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La grève contre l’insécurité largement suivie aux Cayes

Dans le cadre de ce mouvement de protestation, qui viserait aussi les mauvaises pratiques de pouvoir de Michel Martelly, les principaux secteurs d’activité étaient quasiment paralysés dans la troisième ville du pays, théâtre d’un incident relatif à des accusations de tentative de sabotage à coup d’argent portées contre le secrétaire d’Etat, Guyler Delva, qui dément

Publié le jeudi 13 septembre 2012

Un mot d’ordre de grève de 24 heures, lancé par la société civile des Cayes (environ 200 km au sud de Port-au-Prince) en protestation contre l’insécurité criminelle, a été largement suivi jeudi dans la troisième ville du pays où les activités commerciales, le transport en commun étaient globalement paralysés tandis que l’administration publique et les banques commerciales fonctionnaient au ralenti.

Les leaders d’organisations de la société civile à l’origine de ce mouvement ont exprimé leur satisfaction tout en insistant sur le fait qu’il s’agissait d’un avertissement lancé aux autorités. Si les mesures appropriées ne sont pas adoptées en vue de freiner le banditisme qui ne cesse de gagner du terrain, la mobilisation passera à une autre étape, celle de manifestations de rue, ont menacé les grévistes.

Très impliqué dans ce sursaut citoyen, l’ancien Sénateur et délégué départemental du sud, Gabriel Fortuné, s’est aussi réjoui du succès de la journée. Il précise qu’outre leur révolte contre l’insécurité, qui déstabilise l’économie locale, de nombreux cayens en ont assez des dérives anti-démocratiques du Président Michel Martelly, plus d’un an après son arrivée au pouvoir.

Par ailleurs, M. Fortuné, passé à l’opposition ces derniers mois, a fait état d’un incident au cours duquel des éléments de la population courroucés s’en seraient pris mercredi soir au secrétaire d’Etat à la communication, Guyler Delva, accusés de s’être précipité dans la ville en possession d’un importante somme d’argent qui était destinée à faire échouer le mot d’ordre de grève.

La police a dû intervenir pour calmer l’ardeur des protestataires.

Affirmant déplorer cette agression, qui se serait produite au moment où lui-même et M. Delva participaient à une émission à Télé Caramel (une chaîne locale), l’ex-délégué a relayé les rumeurs disant que le représentant du gouvernement, natif de la région, disposerait d’un montant de 400.000 gourdes qu’il devait distribuer.

Une thèse rejetée par Guyler Delva qui a préféré parler d’un montage qu’aurait orchestré Gabriel Fortuné dans le but de rendre la population des Cayes hostile au chef de l’Etat qu’elle affectionne. Démentant que l’objectif de sa visite était d’obtenir à coup d’argent le boycott de la grève, il a au contraire prétendu qu’il voulait s’enquérir de l’évolution de la situation sécuritaire qui le préoccupe beaucoup.

La nette poussée de l’insécurité alimentaire et la baisse spectaculaire du pouvoir d’achat de la grande majorité des haïtiens, déjà en proie à une précarité chronique, font monter un peu partout la grogne sociale contre un régime qui a véritablement du mal à concrétiser ses promesses de campagne mirobolantes. spp/Radio Kiskeya