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Avant l’hypothétique séance de vendredi au Parlement, Martelly encore plus inflexible

Engagé dans de nouvelles discussions jeudi, le chef de l’Etat a déclaré « impossible » le rappel des conseillers électoraux en fonction tandis que le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, appelle ses collègues à assumer leurs responsabilités en se prononçant en assemblée nationale sur le dossier du CEP

Publié le jeudi 30 août 2012

Le Président Michel Martelly a tenu jeudi au Karibe Convention Center une nouvelle réunion avec le secteur privé des affaires, des organisations dites de la société civile et des organisations populaires pour réitérer sa détermination à maintenir le conseil électoral permanent contesté à la veille d’une hypothétique séance en assemblée nationale consacrée à la désignation des représentants du Parlement.

Le chef de l’Etat, qui en était à son troisième rendez-vous consécutif en trois jours dans l’enceinte de l’établissement hôtelier, a expliqué qu’il attendait que le corps législatif « trouve une formule quelconque » pour communiquer les trois noms retenus afin que l’organisme électoral comptant aujourd’hui six membres soit complété dans la perspective de l’organisation des prochaines consultations populaires.

S’exprimant en présence de plusieurs de ses collaborateurs, dont l’ex-Sénateur Joseph Lambert, Martelly a tenu à faire savoir aux différents secteurs opposés au CEP en place, frappé d’illégitimité pour beaucoup, qu’il était dans l’impossibilité d’opérer un quelconque changement une fois les conseillers électoraux désignés. Il en est de même, a-t-il renchéri, pour le conseil supérieur du pouvoir judiciaire qui n’a plus la capacité de rappeler ses trois représentants.

Ces derniers sont justement au cœur de la crise actuelle pour avoir été sélectionnés sur mesure, en dehors des procédures de délibération du CSPJ dont l’autorité du président, Me Anel Alexis Joseph, est remise en cause depuis le scandale ayant éclaboussé et divisé le nouvel organe de gestion du système judiciaire.

C’est dans cette atmosphère politique de plus en plus lourde et tendant vers la polarisation que le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, espère pouvoir réunir ses collègues des deux Chambres ce vendredi en vue de la désignation des trois conseillers électoraux qui continuent de manquer à l’appel. Arguant qu’il lui importait peu de parvenir aux deux tiers nécessaires aux deux Chambres pour se prononcer sur ce dossier brûlant, le Sénateur du Plateau Central a fait remarquer que sa décision obéissait aux vœux de l’article 192 de la constitution.

« Il revient à l’assemblée nationale et non à un Député ou un Sénateur de déterminer si le Parlement se trouve dans l’impossibilité matérielle de participer à la formation du conseil électoral permanent. Car, il n’y a pas d’échappatoire possible », a déclaré Desras, celui-là même qui avait récemment invité le chef de l’Etat à privilégier une solution de compromis devant l’incapacité du Sénat à dégager le nombre de voix requis pour faire aboutir le processus.

Privée d’un tiers de ses membres, l’assemblée, politiquement fragmentée, n’a pratiquement aucune chance de surmonter « l’obstacle numérique ».

Se félicitant d’avoir assumé ses responsabilités, le président Desras dit s’attendre à ce que tous les parlementaires « conscients de leurs responsabilités politiques » se présentent à cette fameuse séance en assemblée nationale.

Chaud partisan du projet de normalisation de l’institution électorale, le Sénateur progouvernemental Wencesclass Lambert -frère cadet de l’autre Lambert- a, de son côté, fait état d’une « multiplicité de stratégies et de techniques envisagées » afin de porter le Parlement à jouer sa partition dans la mise en place définitive du CEP.

Face au refus catégorique du pouvoir de revenir sur sa décision, l’impasse politique semble totale et, après la déroute de novembre 2010 sous Préval, le pays risque d’être entraîné dans une autre grande aventure électorale très agitée et potentiellement désastreuse. spp/Radio Kiskeya