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Accroché au CEP permanent, le pouvoir presse le Parlement d’avancer

Le ministre Ralph Théano et le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, justifient la formation du conseil électoral permanent comme une exigence constitutionnelle et prévoient l’organisation des élections avant la fin de l’année

Publié le vendredi 17 août 2012

Le ministre chargé des relations avec le Parlement, Ralph Théano, a insisté vendredi sur la nécessité de la tenue d’ici la fin de l’année des élections en invitant le Parlement en tant qu’organe politique à prendre toutes les dispositions en vue de désigner rapidement ses trois représentants au conseil électoral permanent contesté.

M. Théano a indiqué que le gouvernement ne pouvait pas attendre indéfiniment le pouvoir législatif face à l’urgence de l’organisation du scrutin sénatorial, municipal et local qui doit être confiée au CEP.

Tentant de justifier la décision très controversée du Président Michel Martelly de mettre en place une institution électorale composée de six membres, le ministre affirme que cette démarche participe de la construction de l’Etat de droit dont l’une des composantes est le renouvellement du personnel politique à travers les élections.

Il a aussi souligné que le conseil électoral permanent ne sera pas confronté à un problème de loi électorale dans le cadre du processus de réalisation des prochaines joutes, car celle ayant permis d’organiser les élections de 2010 demeure valide. Toutefois, le Parlement pourrait procéder à l’amendement de certains articles, a renchéri Ralph Théano.

S’exprimant à peu près dans les mêmes termes, le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, a laissé entendre que le pouvoir était totalement confortable parce que son seul souci est le respect de la constitution amendée en vigueur. Pressant à son tour les Députés et Sénateurs de faire choix des trois conseillers électoraux manquants, il a déclaré que le régime de Michel Martelly restait ouvert au dialogue avec les différents secteurs de la vie nationale, en particulier le Parlement.

Lucien Jura écarte toute possibilité pour la présidence de faire retrait de l’arrêté de nomination des conseillers électoraux en affirmant qu’il est tout à fait constitutionnel.

Divers élus dans les deux Chambres du Parlement et différents représentants de la classe politique et de la société civile ont réprouvé la mise en place du CEP partiel qualifié d’illégitime et sommé le Président Michel Martelly de revenir sur sa décision pour éviter au pays une crise politique aux effets potentiellement dévastateurs. spp/Radio Kiskeya