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Haïti-Parlement

En crise depuis plus de deux mois, le Sénat renoue avec les séances

Le Sénateur Jean Willy Jean-Baptiste exhorte ses collègues à se montrer responsables ; deux autres élus, Andrys Riché et Jean-Baptiste Bien-Aimé, rejettent une réduction du quorum proposée par le premier Sénateur de l’ouest, Steven Benoît, et dénoncent « l’ingérence américaine » après les déclarations de Cheryl Mills

Publié le mercredi 18 juillet 2012

Après plus de deux mois de paralysie totale, les activités ont enfin repris mercredi au Sénat de la république où la question controversée de la formation du conseil électoral permanent n’était pas à l’ordre du jour de cette séance de normalisation.

Cependant, l’un des Sénateurs présents, Jean Willy Jean-Baptiste a vite mis un bémol à l’optimisme de certains en expliquant qu’il restait encore beaucoup à faire pour que le Grand Corps retrouve le rythme des séances régulières.

La dernière séance plénière remontait à la ratification de la déclaration de politique générale du Premier Laurent Lamothe qui s’était terminée en queue de poisson, le 8 mai dernier.

Le parlementaire de l’Artibonite (nord), élu sous la bannière de Ayiti Ann Aksyon de l’ex-Sénateur Youri Latortue, appelle tous ses pairs à prendre conscience de leurs responsabilités vis-à-vis du pays en facilitant un retour à la normale à la Chambre haute.

Par ailleurs, Jean-Baptiste souhaite que le dossier explosif de la mise en place du CEP permanent soit abordé dès la plus prochaine séance, fixée en principe à ce jeudi.

Sur la même longueur d’onde que le président de l’assemblée, Dieuseul Simon Desras, le Sénateur Steven Benoît a proposé une réduction du quorum qui, estime-t-il, pourrait passer de 16 à 11 Sénateurs afin de faciliter la tenue des séances.

Catégoriquement opposés à cette idée, ses collègues Andrys Riché et Jean-Baptiste Bien-Aimé critiquent Benoît et exigent le maintien du quorum actuel arguant que toute modification serait une violation flagrante de la constitution et des règlements intérieurs du Sénat.

Les deux hommes ont également qualifié d’ingérence inacceptable des Etats-Unis dans les affaires politiques internes d’Haïti les déclarations de Cheryl Mills, la chef de cabinet de la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, demandant au Sénat s’il était prêt à endosser la responsabilité de bloquer la formation de la nouvelle institution électorale.

Les deux Chambres du Parlement doivent désigner en assemblée nationale, à la majorité des deux tiers, trois des neuf conseillers électoraux.

Le Sénat n’a « aucun diktat à recevoir de Washington », ont affirmé Andrys Riché et Jean-Baptiste Bien-Aimé 24 heures après les propos tenus mardi par Mme Mills, pour son énième visite au Parlement. spp/Radio Kiskeya