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Après la retraite, la discorde : Séance avortée au Sénat

Le consensus du G-14 obtenu au club Indigo ne s’est pas traduit en acte ce jeudi au Grand Corps où la reprise annoncée des travaux s’est heurtée à l’absence surprenante d’un nombre important de Sénateurs qui se sont attirés les foudres du président Dieuseul Simon Desras et de plusieurs autres collègues mécontents

Publié le jeudi 5 juillet 2012

24 heures après s’être solennellement engagés à revenir à un fonctionnement normal, plusieurs Sénateurs ne se sont pas présentés jeudi au Grand Corps où faute de quorum la séance prévue a avorté, provoquant la colère du président de l’assemblée pour qui les absentéistes sont de grands enfants.

« Ceux qui ne sont pas présents sont pour moi des enfants parce qu’ils n’ont pas respecté l’engagement pris lors de la retraite parlementaire », a déploré, du haut de la tribune, le Sénateur Dieuseul Simon Desras. Il a aussi reproché aux intéressés leur refus de travailler alors qu’ils sont régulièrement payés.

A l’issue de trois jours de discussions sur la côte des arcadins (ouest), quatorze élus sur seize avaient paraphé mardi soir une résolution dans laquelle ils avaient notamment exprimé leur ferme volonté de favoriser la reprise des séances au Sénat paralysé et de valider la très controversée constitution amendée.

Dans une mise au point axée sur le rejet de certaines critiques ayant, à maintes reprises, visé le bureau qu’il dirige, le président Desras, confronté à un constat d’échec, a rappelé aux collègues jugés fautifs leurs responsabilités vis-à-vis de leurs mandants et leur devoir de placer le pays au-dessus des intérêts personnels.

Le premier secrétaire du bureau, Steven Benoît, a lui qualifié de coup dur pour la Chambre haute l’absence inexpliquée de plusieurs de ses pairs. Sans équivoque sur les engagements pris par les uns et les autres au club Indigo, le Sénateur de l’ouest affirme que la séance ratée de ce jeudi a empêché l’assemblée d’entamer l’analyse du budget 2012/2013 et de deux législations relatives au blanchiment d’argent et à l’accès à l’information.

Autre parlementaire à blâmer ceux qui ont déserté la salle de séance, Edwin « Edo » Zenny croit qu’il est inacceptable que des mandataires s’amusent à faire l’école buissonnière tout en percevant de gros salaires et en bénéficiant d’énormes privilèges. Très proche du pouvoir, le Sénateur du sud-est se pose même en élu modèle toujours prompt à voter des lois et à contrôler l’action de l’Exécutif. Il tente volontiers de ramener à la raison des collègues à qui il demande de cesser de faire de l’antichambre dans les ministères.

Les deux autres Sénateurs de l’ouest et du sud-est, John Joël Joseph et Wencesclass Lambert, ont également sévèrement critiqué les absentéistes, estimant que la « politique de la chaise vide » ne mènera nulle part.

Arrivé en trombe avec un énorme retard, le Sénateur de la Grand’Anse (sud-ouest), Andrys Riché, s’en est pris au président Dieuseul Simon Desras qu’il accuse d’avoir levé la séance après seulement deux appels nominaux, en violation des règlements intérieurs. A son avis, le numéro un de l’assemblée a avancé un fallacieux prétexte pour quitter précipitamment le Sénat et aller s’occuper de ses affaires.

« J’ai le droit d’être absent ou en retard. Ce n’est pas mon retard qui va tuer la république, mais celui d’un président qui abandonne son lieu de travail », a martelé avec l’énergie qui lui est coutumière M. Riché qui a attribué son arrivée tardive à de graves problèmes de circulation dans les rues de Port-au-Prince.

En net désaccord avec le groupe des 14 sur l’approbation de la promulgation de l’amendement constitutionnel contesté, deux Sénateurs, Jean William Jeanty des Nippes et Jean-Baptiste Bien-Aimé du nord-est, s’étaient rebellés contre la « Résolution d’Indigo » avant de dénoncer la mise en place d’un projet visant à faire du Sénat une marionnette de la Présidence. spp/Radio Kiskeya