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Haïti-Social

Constructions anarchiques : Des centaines de manifestants dans les rues contre Martelly

« Nous le renverserons comme nous l’avons élu », ont menacé les protestataires en s’en prenant, pour la deuxième fois en une semaine, au Président de la république accusé de vouloir les chasser des bidonvilles érigés au morne l’hôpital

Publié le mardi 26 juin 2012

Plusieurs centaines d’habitants des bidonvilles ceinturant Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince) ont manifesté une fois de plus lundi contre le projet gouvernemental de démolition de leurs maisons en se rendant jusque dans les parages du Palais National (siège de la présidence) où les casques bleus les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes.

Très hostiles au chef de l’Etat, certains des protestataires se sont déclarés prêts à renverser Michel Martelly comme ils l’avaient porté au pouvoir, il y a un peu plus d’un an.

Entre la colère et les quolibets, ils scandaient « Martelly veut détruire des maisons alors qu’il n’en a construit aucune », allusion à peine voilée à l’une des promesses électorales de l’actuel dirigeant qui était d’installer 20.000 maisons préfabriquées dans le pays dès les premiers jours de sa présidence.

Le régime a aussi été accusé de vouloir donner à des proches les terrains visés sans dédommager de manière substantielle leurs occupants.

Venus des bidonvilles de Bois Jalousie, Juvénat, Philipo, Bristou et Débrosse, les manifestants, qui avaient également projeté de se rassembler devant le Parlement, ont dû rebrousser chemin à cause du déploiement des forces de l’ordre au centre-ville.

Ce mouvement a perturbé la circulation sur la route du Canapé-Vert où des poubelles métalliques pleines de déchets fumants ont été placées au milieu de la chaussée ainsi que de grosses pierres.

Des agents du Corps d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO), une unité spécialisée de la Police Nationale, ont été déployés dans la zone pour prévenir de nouveaux dérapages.

La semaine dernière, des résidents du morne l’hôpital avaient déjà gagné les rues en lançant une sévère mise en garde au Président Martelly contre la matérialisation de l’opération visant à détruire 400 maisonnettes afin de permettre l’aménagement du principal bassin versant de Port-au-Prince, ville littéralement en danger à cause de la dégradation effrénée de son environnement.

Chargé de l’exécution de ce projet, le ministère de l’environnement a annoncé qu’un montant de 100.000 gourdes sera versé à chacun des propriétaires lésés, ce qui risque de ne pas pouvoir calmer les esprits échauffés. spp/Radio Kiskeya