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Haïti-Constitution-Polémique

Le groupe des neuf maintient la ligne dure contre l’amendement

Les Sénateurs François Anick Joseph et Jean William Jeanty parlent l’un des efforts de concertation pour porter Michel Martelly à faire machine arrière et l’autre d’un « complot » de la communauté internationale visant à entretenir l’instabilité politique et à assurer le maintien des casques bleus

Publié le vendredi 22 juin 2012

Le groupe des neuf Sénateurs opposés à l’amendement controversé de la constitution a exprimé vendredi son indignation devant la confusion entourant la promulgation de la version corrigée du texte dans Le Moniteur marquée par l’omission d’une partie essentielle de l’article 137.

Faisant part de la détermination du groupe à poursuivre les consultations engagées auprès des secteurs organisés du pays afin de convaincre le Président Michel Martelly de la nécessité de revenir sur sa décision, le Sénateur de l’Artibonite (nord), François Anick Joseph a souhaité une remise à plat du processus d’amendement.

Ainsi, de nouvelles propositions de modification de la charte fondamentale de 1987 pourraient être introduites à la fin de la 49e législature, a renchéri l’élu de l’Alternative/OPL.

Il juge impossibles que de nouvelles corrections soient apportées au texte reproduit cette semaine dans le journal officiel pour cause d’erreurs matérielles.

Pour sa part, son collègue Jean William Jeanty assimile la publication de la nouvelle loi constitutionnelle à un complot de la communauté internationale visant à provoquer dans le pays de nouveaux troubles politiques pouvant justifier la présence des casques bleus et le renouvellement, en octobre prochain, du mandat de la Mission de stabilisation onusienne (MINUSTAH).

Pour le représentant des Nippes (sud-ouest), le chef de l’Etat aurait cédé aux pressions des présidents du Sénat, Dieuseul Simon Desras, et de la Chambre des Députés, Levaillant Louis-Jeune, qui eux-mêmes se seraient laissés instrumentaliser par la communauté internationale.

Seule la volonté des acteurs étrangers a triomphé dans ce processus de révision dont le pouvoir législatif est sorti très affaibli, a martelé Jeanty en soulignant que l’imbroglio constitutionnel est en train de générer un nouveau conflit politique en Haïti.

Autre nouvelle réaction enregistrée au Parlement, celle du Député de Grande Saline. Joseph Wilbert Deshommes attribue l’omission constatée dans l’article 137 de l’amendement à la négligence des présidents du Sénat et de la Chambre basse. Il en a profité pour reprocher à MM. Dieuseul Simon Desras et Levaillant Louis-Jeune leur approbation de la promulgation du document sans avoir consulté au préalable leur assemblée respective.

Enfin, le ministre de l’information et de la communication, Ady Jean Gardy, a récapitulé devant la presse les principaux changements opérés dans cette constitution amendée. Mettant à l’actif du Président Martelly la formation prochaine du Conseil électoral permanent et le processus de mise en place du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), le responsable a fait savoir que les amendements de mai 2011 contribueront au renforcement de la démocratie.

Saucissonné, l’article 137 promulgué ne stipule plus que le Parlement doit approuver la nomination du Premier ministre et est devenu, en quelques heures, une nouvelle pomme de discorde dans l’arène politique. spp/Radio Kiskeya