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Un nouveau policier assassiné à Port-au-Prince

L’insécurité continuait à gagner du terrain lundi au moment où la communauté internationale semblait privilégier une option militaire forte en Haïti

Publié le lundi 6 juin 2005

Un agent trois de la police nationale d’Haïti (PNH), Daniel Myrthil, a été abattu de plusieurs balles par des bandits armés, lundi matin à Port-au-Prince. La victime qui était affectée à la sécurité rapprochée du maire de Delmas (est de la capitale), Prisca Jean-Vilfort, a été atteinte notamment au cœur, au visage et aux bras.

Selon le maire, Daniel Myrthil qui était en uniforme, conduisait son enfant à l’école lorsqu’il a été criblé de balles par des assaillants, dans le quartier de Nazon (est de la capitale).

A la mi-journée, le cadavre du policier se trouvait à la morgue de l’hôpital de l’université d’Etat d’Haïti (HUEH).

Prisca Jean-Vilfort a condamné ce meurtre qui a, une fois de plus, plongé dans le deuil la police haïtienne dont 80 membres environ ont été tués depuis le 30 septembre 2004 selon un décompte officiel. Pour les organisations de défense des droits humains, au moins une quarantaine de policiers ont été assassinés, la plupart d’entre eux par des partisans armés de l’ancien dictateur Jean-Bertrand Aristide, engagés dans "l’opération Bagdad", une campagne d’activités criminelles, ponctuée d’opérations à caractère terroriste, allant de manifestations violentes à des incendies, en passant par des assassinats spectaculaires et des enlèvements en série.

Ce nouveau coup a été porté aux forces de sécurité nationales à la suite d’un week-end sanglant au cours duquel un nombre indéterminé de présumés bandits armés et de civils innocents ont été tués et blessés, dans les quartiers du Bel-Air (centre de Port-au-Prince) et de Nazon.

Des tirs nourris ont été entendus lundi matin, dans différents quartiers du centre commercial de Port-au-Prince où des partisans armés d’Aristide ont encore agressé des marchandes, déjà victimes de l’incendie criminel du marché Tête Bœuf, mardi dernier.

Haïti fait face, depuis plusieurs semaines, à un climat de sécurité sans précédent qui menace la tenue d’élections locales, municipales, législatives et présidentielles prévues en octobre, novembre et décembre prochains.

Lundi, l’Organisation des Etats américains (OEA) se penchait, lors de son assemblée générale annuelle en Floride, sur le sort d’Haïti pendant que les Etats-Unis s’acheminaient vers une nouvelle intervention militaire devant l’incapacité des 6.000 casques bleus de l’ONU à pacifier le pays, au bord de l’effondrement économique et de la paralysie sociale.