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Michel Martelly chiffre à « cent mille dollars » une charge contre la presse

Tout heureux d’entendre un habitant de Mirebalais demander aux médias de « donner une chance au Président », le chef de l’Exécutif, grand démocrate de son état, l’a fièrement récompensé en lui accordant une moto ; une semaine après un geste très indélicat de M. Martelly vis-à-vis d’un journaliste de Radio Kiskeya

Publié le vendredi 30 décembre 2011

Le Président Michel Martelly, qui se targue d’être le promoteur d’un état de droit, a une fois de plus tenté de faire passer la presse pour sa bête noire en avalisant, sans la moindre réserve, une attaque sournoise aux relents antidémocratiques lancée contre les médias indépendants qui semblent déranger la nouvelle administration

« Il y a quelqu’un qui tient une pancarte portant l’inscription La presse, donnez une chance au Président. Vous méritez 100.000 dollars américains », a martelé le chef de l’Etat mercredi soir à Mirebalais (centre), lors d’une visite de fin d’année transformée en meeting de masse.

A l’entame de son énième distribution de motos depuis le lancement de la « noël de solidarité », c’est un Martelly ravi qui a invité le jeune porteur de la pancarte à le rejoindre immédiatement sur le podium. Son zèle de propagandiste devait valoir à ce citoyen d’être le premier bénéficiaire d’une motocyclette.

Interrogé par le Président lui-même sur les motivations de son message anti-presse, l’homme fanatisé a répondu “on dit trop de mal de vous”, avant de se prononcer pour le rétablissement de la présidence à vie. Ce slogan allait être repris avec ferveur par plusieurs spectateurs.

Oubliant très vite le problème de sonorisation qui l’avait, dans la journée, sérieusement contrarié à Hinche -ville qu’il avait quittée sans s’adresser à la population- M. Martelly avec du baume au cœur est rentré à Port-au-Prince. Dès son retour, il est allé s’amuser follement en interprétant des chansons d’un groupe mexicain mariachi et de l’orchestre haïtien Tropicana, lors d’une soirée de gala organisée au Palais municipal de Delmas (est de la capitale).

En matière d’attaques contre la liberté de la presse, le successeur de René Préval n’en est pas à son coup d’essai et ça tourne presqu’à l’obsession.

Après une série de petites phrases assassines ou de propos à la limite du mépris, Michel Martelly s’était une fois de plus illustré, la semaine dernière, en dépossédant un reporter de Radio Kiskeya de son magnétophone pour en retirer les batteries. C’était pour le Président de la république sa façon bien à lui de s’assurer que sa voix ne serait pas enregistrée à son insu. spp/Radio Kiskeya