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Affaire TNH : Le directeur général attaque en diffamation les trois employés licenciés

Pradel Henriquez a saisi le parquet de Port-au-Prince d’un dossier qui défraie la chronique avec la multiplication des déclarations embarrassantes des journalistes Eddy Jackson Alexis et Josias Pierre qui affirment avoir été chassés de la chaîne publique pour leur opposition citoyenne à Michel Martelly

Publié le vendredi 8 avril 2011

Le directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti, Pradel Henriquez, a porté plainte pour diffamation vendredi au parquet de Port-au-Prince contre trois employés qui affirment avoir été virés en raison de leur position politique défavorable au Président élu, Michel Martelly.

Egalement responsable de la Radio Nationale, M. Henriquez informe Radio Kiskeya avoir décidé d’intenter cette action en justice en vue de mettre fin à une campagne diffamatoire dont il serait l’objet de la part des journalistes Eddy Jackson Alexis et Josias Pierre ainsi que de leur collègue Jacques Innocent, mis à pied tous trois mardi peu après une visite de courtoisie de M. Martelly à la TNH.

Reprochant aux médias d’avoir prêté leurs antennes à des déclarations visant à ternir son image, Pradel Henriquez estime que les anciens employés qui se disent lésés devaient soumettre leurs revendications à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. Seul le tribunal administratif serait, en effet, habilité à ordonner leur éventuelle réintégration, selon la loi sur la fonction publique, ajoute le directeur général.

Désireux de vider rapidement tous les contentieux, il a attendu en vain vendredi au parquet de la capitale l’arrivée annoncée des trois hommes qui n’ont pas manqué de présenter le patron des médias d’Etat comme un pro-Martelly déclaré.

Eddy Jackson Alexis et Josias Pierre, respectivement ancien rédacteur en chef et journaliste culturel à la TNH, dénoncent une campagne de propagande que la direction de la télévision aurait orchestrée durant toute la campagne du second tour en faveur du Président élu et au détriment de sa rivale malheureuse, Mirlande Manigat.

Ainsi, sur ordre de M. Henriquez, le temps d’antenne alloué gratuitement aux deux candidats sur la chaîne publique aurait été nettemment déséquilibré dans la proportion suivante à chaque diffusion : 45 minutes pour "Sweet Micky" contre 10 pour Mme Manigat.

Il est également reproché au responsable de la RTNH d’avoir autorisé la couverture intégrale durant quatre heures d’un concert-meeting du chanteur de Compas alors que rien n’était proposé, en retour, à la campagne adverse.

Cependant, Pradel Henriquez, tout en reconnaissant que ses anciens collaborateurs avaient affiché des opinions politiques plutôt pro-Manigat, soutient qu’ils ont été remerciés pour des raisons d’ordre administratif liées à l’insubordination et à des "insuffisances professionnelles".

Ce dossier risque d’être la première affaire politico-judiciaire que devra affronter la prochaine administration. spp/Radio Kiskeya