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Haïti-Choléra

Ban Ki-moon dévoile la composition du panel chargé de remonter l’origine du choléra

Le patron de l’ONU promet que les quatre scientifiques de haut vol désignés jeudi vont travailler en toute "indépendance" sur un dossier délicat dans lequel les casques bleus sont accusés ; parallèlement, l’OCHA qualifie de honteux le manque de contribution internationale à son appel de fonds en faveur de la lutte contre le choléra en Haïti où 3.500 personnes sont déjà décédées

Publié le jeudi 6 janvier 2011

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé jeudi la composition d’un panel scientifique international de quatre membres auquel il a confié la mission d’identifier la source de la meurtrière épidémie de choléra sévissant en Haïti et dont les casques bleus népalais sont rendus responsables par l’opinion publique nationale.

Présidée par le Dr Alejandro Craviolo du Mexique, attaché au Centre international de recherche pour la diarrhée au Bangladesh, cette entité dite indépendante comprend également trois autres docteurs, le péruvien Claudio Lanata de l’Institut d’enquête nutritionnelle du Pérou, l’américaine Daniele Lantagne qui travaille à l’Université d’Harvard et l’indien Balakrish Nair de l’Institut national indien du choléra et des maladies entériques.

Ils ont été sélectionnés pour "leur stature, leur qualité d’expertise et leur expérience de travail".

Ban Ki-moon a toujours été "profondément préoccupé par l’épidémie de choléra en Haïti depuis que le premier cas est apparu", a indiqué dans un communiqué son porte-parole, Martin Nesirky, ajoutant que "déterminer la source de l’épidémie de choléra est important pour le peuple haïtien et pour l’ONU".

Le panel va travailler dans la plus grande "indépendance" et aura accès à tous les documents et rapports de l’ONU, assure le Secrétaire général.

Depuis l’apparition à la mi-octobre du choléra, les haïtiens sont particulièrement remontés contre les soldats de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), dont ceux venus du Népal -pays où la maladie est à l’état endémique- sont accusés d’avoir contaminé avec leurs excréments le fleuve de l’Artibonite (nord), point de départ de l’épidémie.

Malgré les dénégations de la MINUSTAH, l’épidémiologiste français très renommé Renaud Piarroux et des spécialistes américains ont pratiquement validé cette hypothèse à l’issue de récentes missions scientifiques réalisées en Haïti.

Hautement contagieux et capable de tuer en quelques heures si le malade n’est pas réhydraté, le choléra a déjà causé, en trois mois, plus de 3.500 morts et environ 150.000 hospitalisations, selon le dernier bilan du ministère de la santé publique.

L’annonce de la composition du panel scientifique devant enquêter sur l’origine du choléra coïncide avec un cri d’alarme lancé jeudi contre l’indifférence internationale vis-à-vis d’Haïti par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. "Il est honteux que l’appel de l’ONU pour lutter contre le choléra en Haïti soit financé à seulement 25%", s’est insurgée la porte-parole de l’OCHA, Elisabeth Byrs.

"Sur les 174 millions de dollars, l’ONU n’a reçu que 44 millions, soit 25% des fonds demandés (contre 20% début décembre), alors que c’est l’urgence des urgences", a-t-elle regretté. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul