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La vie reprend timidement à Port-au-Prince

Au lendemain de graves violences post-électorales qui ont encore affecté vendredi plusieurs villes

Publié le vendredi 10 décembre 2010

Les activités ont repris timidement vendredi dans plusieurs secteurs importants de la région métropolitaine de Port-au-Prince après trois jours de violentes protestations post-électorales qui se sont encore poursuivies dans plusieurs villes en proie à une vive tension.

Dans le centre commercial de la capitale, le commerce informel a refait surface avec la présence d’un certain nombre de marchandes sur les trottoirs et dans les marchés publics.

En revanche, les rideaux de fer des magasins sont restés baissés.

Les banques commerciales, l’administration publique et les écoles n’ont pas fonctionné non plus.

Sur les différents circuits, rares étaient les véhicules de transport en commun à tenter d’assurer le trafic.

A Pétion-Ville (banlieue est), les rues avaient presque retrouvé leur vie quotidienne trépidante avec un trafic automobile intense, le retour des tap-tap sur les différents circuits et une forte reprise des activités au marché principal de la commune.

Victime de sérieux actes de vandalisme et de scènes de pillage au cours des manifestations favorables au chanteur Michel Martelly, écarté de la course présidentielle, le grand commerce est resté fermé. Tout comme les écoles et les banques.

Dès la réouverture, les supermarchés ont été pris d’assaut et certains de leurs rayons vidés par des clients désireux de s’approvisionner pour faire face éventuellement à une nouvelle détérioration de la situation en fonction de la tournure imprévisible des événements politiques.

Un peu plus au nord, à Tabarre, en Plaine et à la Croix-des-Bouquets, le transport public tendait à reprendre son cours normal et la réapparition des agents économiques du secteur informel était remarquée.

Quoique plus dégagés, les principaux axes routiers étaient encore jonchés de débris de toutes sortes et la chaussée, recouverte d’une poudre noirâtre, sentait encore le roussi des pneus enflammés utilisés la veille pour paralyser le trafic.

En province, la ville des Cayes (sud), théâtre de saccage et d’incendie d’édifices publics et d’autres bâtiments importants, avait du mal à se relever vendredi.

L’atmosphère paraissait nettement moins morose aux Gonaïves, à St-Marc (Artibonite, nord), à Port-de-Paix (nord-ouest) et au Cap-Haïtien (nord).

Cependant, dans cette dernière ville, la police a du charger à plusieurs reprises des manifestants pro-Martelly qui tentaient de se rassembler.

A Hinche (centre), une autre manifestation a été dispersée à coups de pierres par des partisans de la plateforme présidentielle INITE dont le candidat Jude Célestin est qualifié pour affronter au second tour Mirlande Manigat du RDNP, selon le Conseil électoral.

Un policier a été blessé.

Dans les Nippes (sud-ouest), Miragoâne a aussi vécu une journée tendue avec l’érection de barricades enflammées sur les principales artères par des protestataires en colère qui attendaient toujours un "geste" des autorités pour réintégrer Michel Martelly dans la bataille présidentielle.

Cinq personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors des différents heurts qui se sont produits depuis l’annonce mardi soir des résultats des élections controversées du 28 novembre. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul