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La policière accusée dans la mort de l’enseignant en cavale

Alors que Francine Desruisseau est recherchée, la direction départementale de l’ouest de la PNH remet son rapport sur les incidents à l’inspection générale chargée de l’enquête sur le meurtre très réprouvé de Jean Philbert Louis

Publié le mardi 12 octobre 2010

La policière Francine Desruisseau, soupçonnée d’être l’auteure du meurtre de l’enseignant Jean Philbert Louis, est activement recherchée après avoir pris la fuite, a appris mardi Radio Kiskeya auprès de la Police Nationale au moment où cette disparition brutale continue de susciter des protestations indignées dans le monde enseignant.

La présumée responsable de cette bavure appartient à l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO), une unité spécialisée de la PNH qui avait chargé vendredi dernier des manifestants rassemblés devant le ministère de l’éducation nationale à l’appel de la coalition des syndicats d’enseignants.

La direction départementale de l’ouest de l’institution policière a, par ailleurs, transmis mardi à l’inspection générale un rapport préliminaire sur ces graves incidents.

La même source a indiqué que plusieurs témoins seront entendus dans le cadre de l’enquête ouverte sur cette affaire qui risque d’écorner l’image de la Police Nationale à quelques semaines des élections.

L’inspection générale de la PNH pourrait adopter des sanctions administratives à l’encontre de Francine Desruisseau et la mettre à la disposition de la justice.

L’Union nationale des normaliens haïtiens (UNNOH), dont Jean Philbert Louis était un membre actif, a déjà saisi du dossier le parquet de Port-au-Prince afin que les poursuites judiciaires prévues en la matière soient engagées.

Les enseignants qui militent au sein de ce syndicat soutiennent que la policière aurait délibérément abattu d’une balle à la tête Jean Philbert Louis, 35 ans, décédé à l’hôpital quelques heures après son admission.

Une autre version des faits parle d’une bombone de gaz lacrymogène qui aurait visé la victime.

La manifestation constituait une étape supplémentaire de la mobilisation des enseignants en faveur de l’amélioration de leurs conditions de travail et de la scolarisation universelle.

Tout en assurant être sensible à ces revendications, le ministère de l’éducation nationale affirme que des ressources supplémentaires substantielles seront nécessaires en vue de permettre l’accès à l’instruction des enfants non scolarisés, estimés à environ 500.000 avant le séisme destructeur du 12 janvier. spp/Radio Kiskeya