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Haïti-Séisme

La terre n’a pas fini de trembler en Haïti

Une nouvelle réplique de 4,7 provoque des scènes de panique et des dégâts mineurs ; Haïti enfin équipée de trois stations sismologiques

Publié le lundi 22 février 2010

Une réplique de 4,7 degrés sur l’échelle ouverte de Richter a provoqué une vive panique et des dégâts mineurs tôt lundi à Port-au-Prince et dans plusieurs autres villes d’Haïti où la population reste terrorisée plus d’un mois après le séisme qui avait dévasté le pays le 12 janvier dernier.

Selon les données sismologiques enregistrées par l’institut de géophysique des Etats-Unis (USGS), la secousse s’est produite à 04h36 locales (09h36 GMT) à une profondeur de 10 kilomètres.

Son épicentre se situait en mer à environ 35 kilomètres à l’ouest de la capitale.

Des fissures importantes ont été constatées dans certaines maisons autour de la capitale.

A Thomassin (banlieue est), des personnes assistant à des obsèques ont été choquées en tentant d’évacuer dans la précipitation l’église protestante où se déroulait la cérémonie funèbre.

La magnitude d’une seconde secousse ressentie en début de matinée n’a pas été indiquée.

Le géologue Claude Prepetit, directeur adjoint du bureau des mines et de l’énergie, a averti lundi que des répliques pouvant atteindre jusqu’à 6 degrés continueraient à secouer des régions d’Haïti au cours des prochains mois, et même au-delà, durant tout le reste de l’année.

Invitant une fois de plus la population à la prudence, l’expert continue de déconseiller l’occupation des bâtiments fissurés ou à risques.

Par ailleurs, le ministre de l’environnement, Jean-Marie Claude Germain, a annoncé l’acquisition et la mise en service, grâce à la coopération canadienne, de trois stations sismologiques capables d’enregistrer les moindres mouvements géologiques allant d’une magnitude de 0 à 4 degrés. Les trois stations, les premières dont dispose l’Etat haïtien, sont installées respectivement à Juvénat (Pétion-Ville, banlieue est de Port-au-Prince), Léogâne (ouest) et Jacmel (sud-est).

Ces deux villes ont été, avec la capitale et Petit-Goâve (ouest), les plus affectées du pays lors du séisme destructeur qui a fait au moins 222.000 morts, selon un nouveau bilan officiel.

Le ministre Germain a aussi annoncé le déguerpissement, à titre préventif, d’individus qui, depuis le 12 janvier, ont décidé d’élire domicile dans des zones à risques.

Pour mesurer la puissance des tremblements de terre, l’USGS utilise l’échelle dénommée "magnitude de moment" (Mw). Conçue en 1977 et symbolisée par le signe Mw, elle sert à prendre la mesure de l’énergie dégagée par une secousse tellurique. spp/Radio Kiskeya