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Haïti-Social-Manifestation

Plusieurs milliers d’ouvriers encore dans les rues, les usines fermées

Le vote singulier de mardi soir fait gronder de colère les journaliers du secteur de la sous-traitance et suscite la controverse au Parlement

Publié le mercredi 5 août 2009

Pour la deuxième journée consécutive, les activités étaient complètement paralysées mercredi au parc industriel de Port-au-Prince dont les ouvriers ont encore manifesté par milliers pour réclamer l’entrée en application du salaire minimum à 200 gourdes (5 dollars) pourtant rejeté la veille par les Députés.

Les manifestants s’en sont pris aux parlementaires qu’ils accusent de les avoir lâchés en adoptant, au mépris des prescrits constitutionnels, la "solution médiane" de la commission des affaires sociales fixant à 150 gourdes le salaire minimum.

Une décision qui suscite de nombreuses controverses parce qu’elle écarte l’objection du Président René Préval tout comme la loi Benoît que l’intervention du chef de l’Etat remettait en cause.

Comme ils l’avaient déjà fait mardi, les ouvriers ont commencé à se rassembler tôt dans la matinée à la Société nationale du parc industriel (Sonapi), puis ont entraîné dans leur sillage d’autres journaliers des industries d’assemblage qui s’apprêtaient à travailler. Tenue à distance par un imposant dispositif policier à leur arrivée dans le périmètre du Parlement, la foule a lancé les slogans les plus durs à l’endroit des Députés, du chef de l’Etat et du patronat. Ils sont accusés de se liguer contre les intérêts des masses défavorisées au profit des nantis.

Salué seulement par l’Association des industries d’Haïti (ADIH), qui regroupe les employeurs des 23.000 ouvriers des manufactures de la sous-traitance, le vote de la Chambre basse est revanche rejeté tant par des organisations syndicales que par des parlementaires comme une "initiative inconstitutionnelle et de nul effet".

Une vingtaine de Députés ont écrit mercredi au bureau de la Chambre pour exiger la reprise de la séance jugée inachevée afin de permettre à l’assemblée de choisir entre la loi sur le salaire minimum déjà approuvée et l’objection présidentielle non encore sanctionnée. spp/Radio Kiskeya

Liliane Pierre-Paul éléments Aller à la galerie de Liliane Pierre-Paul