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Paul Farmer administrateur pressenti de l’USAID

Avant l’officialisation du choix du scientifique américain très impliqué dans la santé communautaire en Haïti, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton s’en prend à la Maison Blanche dont les procédures d’analyse des dossiers de candidature sont jugées trop compliquées

Publié le mercredi 15 juillet 2009

L’administration Obama devrait nommer incessamment à la tête de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) le Dr Paul Farmer, 50 ans, un chercheur américain très impliqué dans les activités communautaires et les soins de santé en Haïti, rapporte mercredi le New York Times.

La Secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui a fait choix de M. Farmer a laissé éclater publiquement mardi sa frustration en reprochant à la Maison Blanche ses procédures d’enquête "ridicules" dans le processus d’analyse du dossier des candidats. Elle rappelle que la puissante institution, chargée de la gestion de l’aide économique et humanitaire américaine à travers le monde estimée à environ 10 milliards de dollars, est privée depuis plusieurs mois d’un administrateur.

“C’est frustrant. Lorsque j’ai su que j’allais arriver ici (au Département d’Etat), j’ai travaillé très dur en vue d’obtenir le feu vert de la Maison Blanche quant à la nomination rapide de quelqu’un. Mais, la réponse a été nous ne sommes pas encore prêts”, a déclaré Mme Clinton dans une rare critique publique émise contre l’équipe du Président Obama.

Dès son arrivée au Département d’Etat, en janvier dernier, elle s’était engagée à faire de la diplomatie et de l’aide internationale les deux piliers de la politique étrangère de Washington au détriment de la doctrine militariste privilégiée sous l’administration Bush.

"Le processus d’autorisation et de contrôle des candidatures est cauchemardesque. C’est beaucoup trop long, c’est extrêmement frustrant", a poursuivi l’ex-Première Dame des Etats-Unis. Elle a mis en relief le découragement des candidats en course pour la direction de l’USAID, incapables de supporter les frais élevés d’avocats et de consultants que leur imposent les investigations interminables de l’Exécutif américain sur leur moralité et leur honnêteté.

Les questions posées sont "ridicules", a estimé Hillary Clinton. "D’abord, il faut se souvenir de tous les endroits où on a vécu depuis l’âge de 18 ans. Au-delà d’un certain âge, on ne se souvient même pas quand on a eu 18 ans. C’est vraiment embêtant", a-t-elle conclu agacée.

La Maison Blanche s’est refusée à commenter les fracassantes déclarations de la Secrétaire d’Etat tenues au cours d’une réunion avec plusieurs centaines d’employés de l’USAID à Washington.

Professeur au département de médecine sociale d’Harvard University, Paul Edward Farmer, le très probable futur administrateur de l’agence dirige, depuis 1991, le centre hospitalier Zanmi Lasante en Haïti où il séjourne environ cinq mois annuellement. Situé à Cange dans le Plateau Central (Centre), cet hôpital communautaire moderne a été fondé par le médecin grâce au soutien financier de diverses institutions. En outre, il a contribué à l’admission, en 2002, d’Haïti au sein du premier groupe de pays bénéficiaires de l’assistance financière du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Egalement anthropologue de formation et parlant couramment créole, M. Farmer a aussi travaillé au Rwanda dans le domaine de la santé publique. Avec plusieurs collègues, il a fondé Partners in Health, une ONG à but non lucratif qui dispense des soins de santé directs aux populations pauvres des pays sous-développés.

Politiquement engagé, le scientifique avait, aux côtés d’autres intellectuels américains, dont le célèbre linguiste Noam Chomsky, farouchement soutenu, il y a quelques années, le régime Lavalas de l’ancien Président Jean-Bertrand Aristide.

La semaine dernière, Paul Farmer avait accompagné Bill Clinton, l’ex-Président américain et époux de l’actuelle Secrétaire d’Etat, lors de sa première visite à titre d’envoyé spécial de l’ONU pour Haïti.

Lauréat de nombreux prix et auteur d’importants travaux scientifiques, le directeur médical de Zanmi Lasante avait découvert le pays en 1983, période au cours de laquelle il faisait ses études universitaires aux Etats-Unis. spp/Radio Kiskeya