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600 haïtiens investissent une église dominicaine

Des sans-papiers, pour la plupart, interdits de séjour en république voisine après avoir passé les fêtes de fin d’année en Haïti

Publié le mardi 6 janvier 2009

Quelque 600 haïtiens, en majorité des sans-papiers, qui viennent de passer les fêtes de fin d’année avec leurs familles en Haïti, occupent depuis mardi matin une église de la province frontalière dominicaine de Dajabòn (nord-ouest) dans le but d’exiger des autorités dominicaines un droit de retour en territoire voisin.

Selon une dépêche d’EFE, ils ont été empêchés de regagner leurs zones de résidence respectives.

Le père jésuite dominicain Regino Martìnez, coordonnateur de l’ONG Solidarité frontalière, engagée dans la défense des droits des migrants haïtiens, a apporté son soutien au mouvement. Le prêtre a ajouté que le Service jésuite pour les migrants réfugiés est également solidaire des occupants de l’église Notre-Dame du Rosaire qui travaillent dans le secteur agricole et l’industrie du bâtiment.

De leur côté, la direction régionale des services d’immigration et le Corps spécialisé de sécurité frontalière (CESFRONT) ont indiqué à la presse avoir permis à 700 braceros ayant voyagé en Haïti de rentrer en République Dominicaine parce qu’ils étaient détenteurs d’une autorisation de sortie.

S’agissant en revanche des 600 personnes se trouvant dans l’enceinte de l’église, les autorités ont averti qu’elles seront rapatriées coûte que coûte.

Tout en admettant qu’il s’agit d’un acte illégal de passer la frontière sans être muni des documents de voyage exigés, le père Martìnez a assuré que les protestataires de Notre-Dame du Rosaire sont en possession de cartes délivrées par l’association des travailleurs agricoles migrants haïtiens du nord-ouest de la république voisine.

Des organisations de défense des droits humains protestent régulièrement contre les déportations des sans-papiers haïtiens vivant en territoire dominicain. Souvent réalisées dans des conditions humiliantes, ces opérations laissent de marbre les autorités de Port-au-Prince. spp/Radio Kiskeya