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Haïti-Pétrole-Pénurie

Le gouvernement dément toute rareté de carburant en Haïti

L’arrivage insuffisant du pétrole vénézuélien est la cause principale des longues files d’attente constatées dans les pompes à essence, selon Ronald Décembre, directeur de la fiscalité au ministère des finances ; nervosité et engueulades dans les stations-service et ralentissement du trafic automobile à Port-au-Prince

Publié le lundi 5 janvier 2009

Le directeur de la fiscalité au ministère de l’économie et des finances, Ronald Décembre, a qualifié lundi d’artificielle et provisoire la rareté d’essence à l’origine de longues files d’attente dans les stations-service et du ralentissement de la circulation automobile à Port-au-Prince.

Soulignant que l’importation des produits pétroliers se fait actuellement dans le cadre de l’accord de coopération énergétique Petrocaribe conclu en 2006 avec le Venezuela, le haut fonctionnaire a principalement attribué la pénurie des gazolines 91 et 95 octanes à un problème enregistré dans une raffinerie de Curaçao. Le bureau de monétisation, chargé de négocier les commandes, n’a pu, dit-il, obtenir le volume de produits pétroliers sollicité lors du dernier arrivage.

« Il n’y a pas de rareté d’essence sur le marché, mais de préférence un problème de temps d’approvisionnement », a déclaré Ronald Décembre sur les ondes de Radio Kiskeya.


Embouteillages dans une station-service de Petit-Four (Port-au-Prince) Photo/Liliane Piere-Paul

Il a aussi évoqué deux autres facteurs ayant contribué à rendre inférieure à la demande la quantité de gazoline disponible dans les pompes à essence : la décision des compagnies pétrolières de retarder les commandes en raison des baisses successives du brut sur le marché international et la vente parallèle de l’essence au marché noir. Ce dernier phénomène préoccupe le gouvernement, a fait savoir le responsable du ministère des finances qui affirme que les autorités entendent sévir contre tous ceux qui débitent de la gazoline au prix fort dans les rues de Port-au-Prince.

Un tanker devrait arriver dans les prochaines heures. Dans l’intervalle, des camions-citernes ont commencé à approvisionner certaines stations-service où de fortes tensions étaient perceptibles. De longues files d’attente continuaient à se former et de vives discussions mettaient aux prises pompistes et acheteurs nerveux. La présence d’agents de la Police Nationale s’est avérée nécessaire pour calmer les esprits.

La rareté du carburant a provoqué un sérieux ralentissement de la circulation automobile inhabituellement fluide sur les principales artères de la capitale alors que le début de la première semaine de l’année coïncidait avec la rentrée des classes. Les taxis et tap-tap (transport populaire) se faisaient rares sur les différents circuits.

Déclinant toute responsabilité, l’association nationale des distributeurs de produits pétroliers (ANADIPP) a indiqué par l’organe de son président, Maurice Lafortune, qu’elle attendait l’arrivée imminente d’un pétrolier dans la rade de Port-au-Prince. Cependant, deux organisations syndicales, l’association des propriétaires et chauffeurs d’Haïti (APCH) et la fédération des transporteurs publics haïtiens (FTPH) ont accusé les dealers d’avoir délibérément provoqué une crise du carburant en choisissant de débiter clandestinement leurs produits la nuit afin de maximiser leurs profits. Partant de cette hypothèse, les syndicalistes n’hésitent pas à envisager leur propre implication dans la commercialisation du pétrole. spp/Radio Kiskeya