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Haïti-Parlement-Affaire Boulos

Affaire Boulos-Delva : le responsable de SOS Journalistes, Guyler C. Delva, condamné à un mois de prison pour diffamation

« Jamais un tel verdict ne s’appliquera », déclare solennellement Delva

Publié le jeudi 11 décembre 2008

L’avocat du sénateur du Nord-Est Rudolphe Boulos exclu par ses pairs en raison de sa nationalité étrangère, Me Samuel Madistin, s’est réjoui jeudi de la condamnation par le tribunal correctionnel à un mois de prison, pour diffamation, du journaliste Joseph Guyler C. Delva, au terme de l’action qu’il avait intentée contre lui pour ses prises de position dans le dossier.

« La liberté d’expression est de première importance. Mais, depuis quelque, temps des journalistes haïtiens en font un usage abusif », a déclaré l’avocat, formant le voeu que la décision du tribunal serve d’exemple et contribue à remettre de l’ordre au sein de la presse.

Tout en reconnaissant le droit de la partie adverse de faire appel de la décision dans le délai légal, Me Madistin a souhaité qu’elle s’applique dans toute sa rigueur si elle se maintient après épuisement des voies de recours.

Réagissant à sa condamnation, Joseph Guyler C. Delva a dénoncé le fait que la décision a été prise à son insu et à celui de son avocat. « Elle ne s’appliquera jamais », a-t-il péremptoirement déclaré au journaliste de Radio Kiskeya qui lui demandait s’il craignait d’être appréhendé. Il a toutefois annoncé avoir déjà fait appel du verdict.

Le responsable de SOS Journalistes en a profité pour dénoncer les menaces dont il dit être l’objet depuis ses révélations concernant Boulos.

Appointé par le gouvernement dans une commission chargée d’appuyer les enquêtes sur les dossiers de journalistes haïtiens assassinés, Joseph Guyler C. Delva, s’en était pris à maintes reprises à Rudolph Boulos, alors que ce dernier était en fonction. Outre ses révélations sur sa nationalité étrangère (qui l’empêche, selon la Constitution, d’être parlementaire), il lui reprochait de faire obstruction à l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jean Léopold Dominique (3 avril 2000) en refusant obstinément de se présenter à une convocation du Cabinet d’instruction.

Défendant sa position, Delva a publiquement mis en doute la crédibilité de l’avocat et de son client après que ces derniers eurent à déclarer que le juge instructeur avait finalement soumis un questionnaire auquel le parlementaire a alors répondu. Réfutant davantage le fait, le responsable de SOS Journalistes a soutenu que le juge lui a affirmé qu’il s’agissait là du pire des mensonges.

Me Samuel Madistin allait alors citer Delva à comparaître au correctionnel pour répondre de ses « diffamations » après qu’il n’a daigné donner aucune suite à une sommation de rétracter ses dires. [jmd/RK]