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L’homme d’affaires Fritz Brandt libéré, crie à l’injustice

Son fils David, le directeur adjoint de la douane de Port-au-Prince, Pierre Michel Thimothée et six autres personnes inculpés par le cabinet d’instruction doivent comparaître devant un tribunal criminel pour une affaire de corruption présumée en douane

Publié le jeudi 8 novembre 2007

L’homme d’affaires Fritz Patrick Louis Brandt, lavé de tout soupçon dans une présumée affaire de fraudes douanières, a été libéré jeudi soir en compagnie de deux de ses employés à l’issue de plus de trois mois d’incarcération au Pénitencier National.

"J’ai été victime de la plus grande injustice", s’est exclamé devant les journalistes M. Brandt à sa sortie de la prison civile de Port-au-Prince où il a laissé son fils David, renvoyé avec sept autres personnes devant le tribunal criminel dans le cadre de la même affaire. Accueilli par l’un de ses avocats, Jean Gérard Eveillard et un garde du corps, le concessionnaire de véhicules est apparu affaibli. Son chauffeur, Jean Anthony Duponcy et un agent de sécurité, Marckenzy Jean Noël, ont également recouvré leur liberté, même si la réception de l’exequatur du parquet par l’administration pénitentiaire a été retardée à cause d’une mutinerie ayant paralysé la prison pendant toute la journée. Accusés de faux, usage de faux, contrebande et association de malfaiteurs, les trois hommes ont bénéficié d’une ordonnance de non-lieu rendue par le juge Durin Duret Junior.

En revanche, le magistrat instructeur a inculpé David Brandt de contrebande et recel ainsi que les sept autres accusés dont le directeur adjoint de la douane de Port-au-Prince, Pierre Michel Thimothée. Cependant, les avocats de David Brandt ont annoncé leur intention d’interjeter appel en vue d’obtenir la libération de leur client bien avant le procès qui devrait se tenir lors des prochaines assises criminelles.

Le chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant, avait ordonné l’arrestation des deux Brandt le 26 juillet dernier à l’issue d’une audition qui portait sur l’utilisation présumée de bordereaux falsifiés lors du dédouanement d’un camion d’une valeur de 100.000 dollars commandé par Jean-Marc Larco, un autre homme d’affaires. Des employés de la compagnie haïtienne de moteurs, propriété de la famille Brandt, et des commissionnaires en douane avaient été par la suite appréhendés.

La situation du père et du fils avait défrayé la chronique durant l’été. Les deux hommes sont issus de l’une des plus puissantes familles d’Haïti qui opère notamment dans le secteur bancaire, l’industrie alimentaire et sur le marché automobile. spp/Radio Kiskeya