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20e anniversaire de l’assassinat de Me Yves Volel

Un démocrate descendu devant le siège de la police de Port-au-Prince en défendant le respect de la loi

Publié le samedi 13 octobre 2007

Ce samedi marquait le 20e anniversaire de la disparition de Me Yves Volel, assassiné le 13 octobre 1987 devant le quartier-général de la Police de Port-au-Prince avec un exemplaire de la constitution à la main.

Selon les indices de la scène de crime, la victime fut abattue de plusieurs balles à la tête et au thorax.

Les autorités avaient invité à dessein les journalistes à constater que Me Volel était tombé avec sa toge et le doigt sur la gâchette de son pistolet comme pour suggérer qu’il voulait s’attaquer au poste militaire. Cependant, ce mauvais scénario fut facilement démonté à partir du seul fait qu’une ultime photo prise quelques instants avant le meurtre montrait l’avocat debout et donnant dos au QG de la police.

Le futur colonel Joseph Baguidy, alors responsable des fameuses Recherches Criminelles, déclara avec désinvolture et sans broncher que l’assassin était un "jeune homme vêtu d’un t-shirt de couleur rouge". Il avait eu le temps de s’enfuir sous le nez des policiers en franchissant aisément le portail du bâtiment.

Le début de l’enquête sur ce crime odieux et signé précéda sa fin de seulement quelques secondes.

Dans la matinée, Yves Volel avait annoncé sur les ondes d’une station de radio qu’il se rendait dans cette sinistre section de la police afin d’obtenir la libération d’un homme incarcéré et maltraité au mépris de ses droits.

Ancien officier des Forces Armées d’Haïti et leader du Rassemblement des démocrates chrétiens (RDC), Me Yves Volel, qui était connu pour sa rectitude morale et son engagement patriotique courageux, mourait tout juste un an après son retour d’exil.

Sa fin tragique se produisit à quelques mètres du Palais National (siège de la Présidence) et des bureaux de son ancien camarade de promotion, le général-Président Henry Namphy, avec qui il était en froid en raison des dérives autoritaires de son régime. Elles allaient culminer, moins de deux mois après l’assassinat de Volel, avec le massacre des électeurs et l’avortement dans le feu et le sang du premier scrutin démocratique de toute l’histoire d’Haïti, le 29 novembre 1987. spp/Radio Kiskeya