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Décès de l’ex-Président de facto Joseph Nérette

Le juge s’était mis au service de l’armée après la violente éjection d’Aristide en 1991

Publié le mardi 1er mai 2007

L’ancien Président provisoire de facto d’Haïti, Joseph Nérette, (8 octobre 1991-19 juin 1992), est décédé dimanche soir à Port-au-Prince d’un cancer du poumon à l’âge de 83 ans, a appris Radio Kiskeya.

Ex-juge de la Cour de cassation (plus haute instance judiciaire du pays), Me Nérette avait été longuement malade. Depuis son départ de la Présidence, il vivait dans la plus grande discrétion.

Me Reynold Georges, son ancien conseiller, a confirmé le décès qu’il a qualifié de "grande perte pour Haïti". Chaud partisan du coup d’Etat du 30 septembre 1991, l’avocat en a profité pour renouveler sa fidélité politique au disparu.

Au lendemain du sanglant putsch qui avait fait de nombreuses victimes et évincé Jean-Bertrand Aristide, le juge Joseph Nérette fut illégalement désigné pour succéder au chef d’Etat constitutionnel alors contraint de partir en exil.

Isolé dès le départ, le nouveau Président fantoche devait former un duo avec son Premier ministre de facto, Jean-Jacques Honorat. Les deux hommes, qui étaient condamnés à l’échec et manipulés en sous-main par les principaux chefs putschistes, n’allaient pas faire long feu. En juin 1992, ils furent poussés vers la sortie au profit d’autres acteurs disposés à se prêter au jeu de l’institution militaire et de ses alliés. Le leader du Mouvement pour l’instauration de la démocratie en Haïti (MIDH), Marc Bazin et le Président de la Cour de cassation et ex-constituant, Me Emile Jonassaint devaient connaître par la suite le même sort.

Le cirque politique allait continuer jusqu’à l’effondrement du régime du général Raoul Cédras et du colonel Michel François. Et ce fut le retour au pouvoir de Jean-Bertrand Aristide, au prix d’une deuxième occupation américaine. spp/RK