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Haïti-Violences

Quatre personnes assassinées à Port-au-Prince

Scènes d’horeur à Bolosse où des civils armés ont lancé des représailles après la mort d’un allié membre de la Police Nationale

Publié le lundi 4 décembre 2006

Quatre personnes ont été tuées dimanche soir à Bolosse, dans le secteur de Martissant (banlieue sud de Port-au-Prince) par des individus armés en réaction à l’assassinat un peu plus tôt du policier André Jean-Noël, a constaté Radio Kiskeya.

Deux personnes sont mortes calcinées dans une Nissan Sunny qui a été incendiée à la 2e avenue Bolosse. La violence des flammes a pratiquement réduit les deux corps en cendres. La plaque minéralogique et la couleur du véhicule étaient impossibles à identifier.

D’autre part, le corps d’un jeune homme d’une vingtaine d’années a été découvert criblé de balles à l’angle de la Grand-Rue et de la ruelle Alerte. Un quatrième cadavre, celui d’un homme d’un trentaine d’années, a été retrouvé également troué de balles à la 3e avenue Bolosse.

Selon des résidents de ce quartier déshérité de la capitale haitienne, un gang local dénommé Base Pilate serait à l’origine des quatre meurtres. Les chefs de file de ce groupe armé sont fous de rage après la mort du policier considéré comme un de leurs alliés. Agent III en détachement aux Archives Nationales, André Jean-Noël a été mortellement touché à la tête dimanche alors qu’il venait de remplir en civil son devoir civique dans le cadre des élections municipales et locales. Transporté d’urgence à l’Hôpital du Canapé-Vert, il n’a pas survécu à ses blessures.

Au début de la journée électorale, des tirs nourris avaient été entendus à Martissant.

La Base Pilate est engagée, aux côtés des gangs armés de Grand Ravine, dans une lutte sans merci contre Lame Ti Manchèt (L’armée des petites machettes), une autre bande rivale basée à la ruelle Sainte-Bernadette.

Dimanche soir, des barricades de pneus enflammés érigées bloquaient l’accès à toutes les avenues Bolosse. Lundi à la mi-journée, des carcasses de véhicules se trouvaient encore au milieu des rues. Toutes les activités étaient paralysées alors que des rumeurs persistantes faisaient état d’une offensive imminente de la Base Pilate contre le camp ennemi.

Selon différents témoignages recueillis sur place, des tirs nourris retentissaient pendant toute la nuit de dimanche à lundi. Ces violences ont plongé les riverains dans l’horreur et l’inquiétude.

Une nouvelle guerre des gangs était en perspective alors que la situation semblait échapper totalement aux forces de l’ordre. spp/RK