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Haiti-Conjoncture

HAITI CETTE BEAUTE DOULOUREUSE, Par le Dr Jean-Claude DESGRANGES

Publié le lundi 18 janvier 2016

2015 est partie ! Avec nos heures de lumière et nos heures d’ombre.

Nos heures de joies et nos heures de tristesses.

Nos succès et nos échecs quotidiens.

Cependant, Haïti notre bien commun continue à vivre ses déboires.

A l’aube de cette nouvelle année que cette grande et belle aventure humaine qu’est la vie, nous inspire une volonté commune et sans équivoque de promouvoir ensemble une communauté de bonheur en 2016.

Pourtant la recherche de l’universalité, notre capacité à créer, porter, transmettre des valeurs qui nous fondent. Et nous dépassent. Notre besoin de nous sublimer Notre volonté d’emprunter un autre chemin, un chemin plus conciliant et plus harmonieux, plus honorable et plus juste, plus prospère et plus moderne pour la conquête du bien être commun. Rien que des vœux pieux !

Chacun s’arrange avec le pays comme il peut. Chacun se construit selon ses expériences familiales, ses apprentissages ses envoûtements et ses désillusions.

Le patriote, le vrai ne se doit-il pas de combiner en soi le raisonneur et le sentimental : Aimer sa patrie telle qu’elle est mais vouloir à tout prix en faire une autre. Exiger qu’elle soit normale et juste et pourtant la chérir dans ses injustices, ses bizarreries et son manque de compassion.

Doit-on laisser la mélancolie gagner nos esprits et nos cœurs !

Peine est de constater que nous ne croyons plus en nous mêmes.

Nous ignorons nos réels atouts, nous piétinons chaque jour le don de l’essentiel. Nous nous livrons au ressassement, à l’auto flagellation. Nous nous bâtons l’un contre l’autre et tout ce qui nous divise, fragilise Haïti et tout ce qui fragilise Haïti fragilise chacun de nous.

D’où l’impératif de privilégier le minimum qui nous cimente comme peuple avec notre épaisseur historique et nos particularités.

Pourquoi ne pas rejeter cette culture de victimisation pour embrasser une culture de la responsabilité. L’ennemi n’est pas toujours ailleurs ! Haïti doit combattre ses propres démons, surmonter ses propres insuffisances, adopter un nouveau pragmatisme.

Haïti a besoin d’apprendre à vivre autrement. Et à faire.

Aujourd’hui 12 janvier 2016 on s’en souvient ! Six ans de cela la terre avait tremblé.

Et des milliers de morts sans sépultures ! on s’attendait à une renaissance de l’homme Haïtien Hélas notre mentalité de vingt quatre heure a tout balayé. Un peuple frappé de la maladie d’ALZHEIMER qui s’est évertué à ne pas respecter les normes parasismiques et anticycloniques.

Durant plus d’un quart de siècle qui a suivi le départ de la dictature Duvalérienne, il est navrant de constater que Haïti a tourné en rond, autour de son nombril, soumise au sentiment amertumé de sa fatalité.

« Une transition qui n’en finit pas »

A l’effervescence légitime de ce jour glorieux du 7 février 1986 a succédé un désenchantement. On assiste à une décoloration progressive du drapeau, de la saison chrysanthème qui peine à se transformer en saison papillon, du printemps de fraternité démocratique qui se lisait sur tous les visages et les chansons de nos sambas de lè na libéré Ayiti va bel a Alléluia pou Ayiti un véritable fossé. Que d’espoirs galvaudés par les mêmes bergers du troupeau. La politique a t-elle donc perdu le pouvoir de nous faire rêver ?

Est-ce une tache impossible de rechercher à combler les disparités entre les HAVE et les HAVE NOT, en travaillant à l’éradication de l’extrême pauvreté par un mariage de raison entre un état régulateur et une société civile entrepreneuriale démocratisée et innovatrice.

Egalité ne doit pas être synonyme du nivellement par le bas mais plutôt une volonté politique de promouvoir la mobilité sociale par l’éducation, la création d’emploi la méritocratie. Et en dernier lieu l’engagement personnel, le gout de l’effort et la recherche de l’excellence.

Est une tache impossible que de préparer l’avenir des générations futures par une politique ambitieuse de développement durable.

Est-ce une tache impossible que de reformer l’Etat pour qu’il soit au service de tous et qu’il assume clairement ses fonctions régaliennes parce qu’elles constituent le socle de sa légitimité.

Est-ce une tache impossible que de reformer et renforcer nos institutions et nos manières d’agir en accordant plus de place à la négociation collective et au respect des lois de la République.

Est-ce une tache impossible que de construire une démocratie de participation parce qu’elle seule permettra de réduire cette fracture sociale et civique que tous nous déplorons.

Est-ce une tache impossible que d’essayer de promouvoir un nouveau comportement qui nous permette de redonner des couleurs à la politique ce fantôme de nos illusions et désillusions.

Il y a une nouvelle citoyenneté politique à construire dans ce pays qui doit tourner le dos autant à la passivité démocratique qu’au consumérisme politique.

Qu’elle Haïti voulons nous pour nos enfants et nos petits enfants.

Aimerions-nous construire une Haïti ou tout le monde continue à se regarder avec suspicion ou voulons nous construire le mieux vivre pour tous.

La tâche est immense ! Mais nous devons affronter ce défi, car les affaires publiques sont un fardeau mais aussi un bonheur et la politique n’a rien à voir avec le bonheur privé mais avec le bonheur commun.

Rien qu’une simple réflexion comme une bouteille jetée à la mer !

Mieux un sentiment de cœur !

Une intime conviction !

Un appel de notre Haïti berceau de la liberté pour bâtir ensemble du vrai et du neuf.

Jean Claude Desgranges, MD, FAGS
Fondation Dr Henry Gérard Desgranges
Président
Fondation du Troisième Age (FTA)
Président